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Chronologie évènementielle 1960 - 2005

Rédigée par Bernard Conte
Chercheur au CEAN
site web : http://conte.u-bordeaux4.fr

1960

(7 août) Proclamation de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.
(3 novembre) Promulgation de la Constitution qui établit un régime de type présidentiel.
(27 novembre) Félix Houphouët-Boigny est élu premier président. Première Assemblée nationale (70 députés). Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), restera jusqu'en 1990 un parti unique.

1962

Un complot fomenté par un groupe du PCDI est déjoué.
(24 avril) Signature d'un accord de défense et d'un accord d'assistance militaire technique entre la France et la Côte d'Ivoire.


1963

(janvier) L'Assemblée nationale vote une loi portant création d 'une cour de sûreté de l'Etat.
(janvier et août) Complot impliquant d'anciens ministres, de nombreuses condamnations sont prononcées, des mesures d'épuration sont diligentées.
(9 avril) 89 inculpés sont jugés par la cour de sûreté de l'Etat qui prononce cinq condamnations à mort (peines qui ne seront pas exécutées).

1964

(17 août) La Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (CSSPPA) est transformée en société d'Etat.
(décembre) La cour de sûreté juge 96 inculpés et prononce six condamnations à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié par la suite.

1965

(7 novembre) Réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République.
Election des 85 députés du PDCI à l'Assemblée nationale.

1967

(7 novembre) La Côte d'Ivoire et l'URSS établissent des relations diplomatiques. Elles seront rompues en mai 1969, en raison de l'immixtion de Moscou dans les affaires intérieures, puis rétablies en février 1986.

1968

(14 mai) Au cours de la guerre civile au Nigeria, la Côte d'Ivoire reconnaît le régime sécessionniste du Biafra, lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.

1970

(octobre) Répression d'un soulèvement de l'ethnie Bété dans la région de Gagnoa contre la domination économique exercée par les Baoulés, ethnie à laquelle appartient Félix Houphouët-Boigny (le massacre du Gébié).
(novembre) Nouvelle réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République et élection de 100 députés présentés par le parti unique, le PCDI.
(4 novembre) Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat noir à préconiser le dialogue avec l'Afrique du Sud. Cette politique de rapprochement aboutira à une rencontre historique, le 21 septembre 1974 à Yamoussoukro, entre le Premier ministre sud-africain John Vorster et le président ivoirien.

 

La chronologie couvrant la période 1971 - 2003 paraitra dans un ouvrage en 2006

 

2004

(6 janvier) Retour des ministres des forces nouvelles au sein du gouvernement après un boycott de 3 mois (Guillaume Soro absent).
(22 janvier) Le tribunal militaire d'Abidjan condamne à 17 ans de prison ferme le sergent de police Théodore Séri pour le meurtre du journaliste Jean Hélène.
(24 janvier) Fin du déploiement des militaires français pour sécuriser le nord du pays.
(30 janvier) Le groupe français Bolloré, à travers sa filiale la Société d'Exploitation du Terminal de Vridi (S.E.T.V), se voit attribuer (sur la base d'un accord de gré à gré) à partir du 1er mars 2004 la gestion et l'exploitation d'un important terminal à conteneurs du Port autonome d'Abidjan (PAA) pour une durée de 15 ans renouvelable pour 10 ans. Cette convention de concession assure à la société S.E.T.V le monopole de la manutention des conteneurs dans le port d'Abidjan.
(3-8 février) Visite de "réconciliation" à Paris de Laurent Gbagbo.
(4 février) Le Conseil de sécurité proroge le mandat de la MINUCI jusqu'au 27 février 2004 et renouvelle jusqu'à la même date les mandats de l'ECOMICI et des forces françaises de l'opération Licorne
(8 février) Le Sergent Coulibaly Adama alias Adam's le tombeur, commandant le secteur sud de Korhogo est abattu aux environs de 1 heure du matin.
(26 février) Le secrétaire général des Forces nouvelles et ministre de la communication, Guillaume Soro, déclare que les Forces Nouvelles ne désarmeront pas avant des "élections crédibles et transparentes en Côte d'Ivoire", prévues en 2005.
(27 février) Le conseil de sécurité de l'ONU vote la résolution 1528 qui autorise le déploiement de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) pour une durée de douze mois.
(4 mars) Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) décide de suspendre la participation de ses ministres (7) au gouvernement de réconciliation nationale.
(8 mars) Report du processus de désarmement.
(9 mars) Des magistrats sont molestés par des jeunes manifestants appartenant à des mouvements proches du chef de l'Etat au palais de justice d'Abidjan.
(11 mars) Le conseil des ministres décide l'interdiction de toute " manifestation de rue " jusqu'au 30 avril.
(19 mars) Le président Laurent Gbagbo confirme par décret l'interdiction de toute manifestation de rue jusqu'au 30 avril.
(22 mars) Remise au président de la République du mémorandum élaboré par l'opposition (PDCI, RDR, UDPCI, FN, MFA) sur les points de blocage de l'application des accords de Marcoussis.
Laurent Gbagbo réquisitionne l'armée : " En vue de concourir au maintien de l`ordre public sur toute l`étendue du territoire national du lundi 22 mars au jeudi 15 avril 2004, les forces armées nationales font l`objet d`une réquisition générale ".
(25 mars) Manifestation à l'appel des " Marcoussistes " (PDCI, UDPCI, RDR, Forces Nouvelles…) pour l'application des accords de Marcoussis. Manifestation interdite par Laurent Gbagbo et durement réprimée (37 morts selon le gouvernement, entre 350 et 500 selon l'opposition, plus de 120 selon l'ONU). Les forces nouvelles, le Rassemblement des républicains (RDR), l'UDPCI et le Mouvement des forces d'avenir (MFA) annoncent qu'ils suspendent leur participation au gouvernement de réconciliation nationale.
(26 mars) Selon Laurent Gbagbo : " A l'évidence, les événements du 25 mars n'ont rien à avoir avec une manifestation pacifique. En réalité, il s'agissait sous le couvert d'une marche, de faire rentrer la rébellion à Abidjan. De saper les bases de l'Etat c'est-à-dire de ruiner les efforts consentis par le peuple de Côte d'Ivoire, son armée et le chef de l'Etat depuis bientôt deux ans ".
(29 mars) Le RDR, le PDCI, le MFA, l'UDPCI et les Forces nouvelles déclinent la rencontre avec le chef de l'Etat prévue pour ce jour.
(4 avril) Début officiel de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) avec l'arrivée de quelques dizaines d'officiers onusiens .
(16 avril) Disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer.
(23 avril) Les députés adoptent la première réforme législative prévue par les accords de Marcoussis sur l'identification des personnes et le séjour des étrangers.
(18-28 avril) Enquête de l'ONU sur la répression de la manifestation du 25 mars et des exactions qui l'ont accompagnée.
(14 mai) Le ministre ivoirien des Transports Anaki Kobenan refuse d'accorder au groupe français Bolloré la concession de gestion et d'exploitation du terminal à conteneurs du port autonome d'Abidjan.
(15-16 mai) Laurent Gbagbo assiste à Bamako au 6ème sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad ou Comessa). A l'issue du sommet, la Côte d'Ivoire est admise comme membre de la Cen-Sad.
(18 mai) Dans un décret signé le 18 mai et lu à la télévision nationale le 19 mai, Laurent Gbagbo a mis fin aux fonctions de Soro Guillaume, ministre d'Etat chargé de la Communication et de Youssouf Soumahoro, ministre de l'Enseignement technique, tous deux issus des Forces Nouvelles ainsi que de Patrick Achi, ministre des infrastructures économiques, représentant le PDCI-RDA au gouvernement. Ces trois ministres ont été remplacés par trois autres membres du gouvernement, tous issus de la formation politique du chef de l'Etat, le FPI.
(28 mai) La Commission européenne annonce le décaissement d'une aide de 13,9 millions d'euros destinée au financement des services sociaux et à la réhabilitation d'infrastructures de base.
(29 mai) A Abidjan, environ 40.000 "jeunes patriotes", partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo, manifestent pour demander à l'Onu de "désarmer les rebelles" et appeler à la démission du premier ministre Seydou Diarra.
A Bouaké, environ 40.000 personnes manifestent dans le calme à l'appel des Forces nouvelles pour demander le départ du pouvoir du président Laurent Gbagbo.
(2 juin) Le groupe français Bolloré, à travers sa filiale DAFCI, décide de se retirer totalement du négoce du café/cacao en Côte d'Ivoire.
(6-15 juin) Visite privée de Laurent Gbagbo à Washington.
(7 juin) Attaque de la sous-préfecture de Gohitafla et de la ville minière d'Ity, situées dans la zone de confiance démilitarisée, par des " éléments incontrôlés " des forces ex-rebelles. En réaction, des hélicoptères de combat des forces loyalistes ivoiriennes lancent une attaque dans la zone placée sous le contrôle de l'ex-rébellion. A Abidjan plusieurs centaines de " jeunes patriotes " favorables à Laurent Gbagbo manifestent violemment contre la France et contre la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI). Agressions d'une quarantaine de français.
(15 juin) La Banque mondiale suspend ses décaissements en faveur de la Côte d'Ivoire en raison d'arriérés impayés depuis plus de 2 mois.
(20-21 juin) Affrontements armés entre factions de l'ex-rébellion ivoirienne à Korhogo et à Bouaké opposant partisans du sergent-chef Ibrahim Coulibaly (IB) et combattants fidèles à Guillaume Soro, occasionnant une vingtaine de morts.
(9 juillet) Adoption en commission par les députés ivoiriens d'un amendement de la loi sur le domaine foncier rural, issu des accords de paix de Marcoussis, permettant désormais aux héritiers non-ivoiriens de détenir un titre de propriété.
(13 juillet) Publication du rapport de l'ONUCI (Division des droits de l'homme) sur les charniers de Korhogo.
(29-30 juillet) Accord d'Accra III, conclu entre tous les protagonistes de la crise ivoirienne et destiné à relancer le processus de paix en panne depuis 22 mois dans ce pays. L'accord précise que le début du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) doit commencer au plus tard le 15 octobre.
(9 août) Réunion de tous les ministres du Conseil du gouvernement ivoirien de réconciliation nationale (avec la réintégration des 3 ministres limogés par Laurent Gbagbo), après plus de 4 mois de boycott, première application de l'accord d'Accra III.
(11 août) Ouverture d'une session extraordinaire de l'assemblée nationale ivoirienne à Abidjan afin d'examiner des projets de loi prévus par les accords de paix de Marcoussis et l'accord d'Accra III.
(13 août) Interdiction de l'importation de sucre pendant deux ans pour "lutter contre la fraude" qui "met en difficulté l'industrie sucrière du pays". Création à Abidjan de "ONUCI FM" conformément à la résolution 1528 du Conseil de sécurité pour "contribuer à faire comprendre le processus de paix et le rôle de l'ONUCI aux collectivités locales et aux parties".
(15 août) Francis Wangah Romain Wodié est réélu premier président du parti ivoirien des travailleurs (PIT), à l'issue du 3è Congrès de ce parti.
(1er septembre) Le Comité de suivi sur la mise en œuvre des accords de Marcoussis et d'Accra déclare son " inquiétude " concernant la lenteur de leur examen par l'assemblée nationale.
(8 septembre) Le président Gbagbo retire " momentanément " le code de la nationalité soumis à l'examen des députés.
(9 septembre) Adoption de la loi sur le financement public des partis politiques et des campagnes électorales.
(17 septembre) Les armes lourdes des protagonistes auraient été retirées de leurs "positions avancées" et stockées sur "des sites identifiés".
(18-22 septembre) Visite du premier ministre Seydou Diarra au siège de la Banque mondiale (BM) puis du Fonds monétaire international (FMI) à Washington pour "engager des discussions" en vue de la reprise de la coopération de la Côte d'Ivoire avec ces deux institutions.
(16 août-28 septembre) Session extraordinaire de l'Assemblée nationale destinée à procéder à l'adoption des réformes constitutionnelles et législatives prévues dans les délais fixés par les accords d'Accra-Marcoussis. Seul le projet de loi relatif au financement public des partis et groupes politiques et des campagnes électorales a été approuvé au cours de la session. Les textes importants sur la nationalité, la Commission électorale indépendante (CEI) et la libre circulation des personnes restent en suspens.
(6 octobre) Ouverture d'une deuxième session ordinaire de l'Assemblée nationale.
(11 octobre) Les Fanci (loyalistes) et les FN (ex-rebelles), réaffirment leur "volonté" de débuter le processus de désarmement le 15 octobre comme prévu, mais font état de "doutes et d'inquiétudes" au sein des populations. La réunion, convoquée par le président Gbagbo, se tient en l'absence de responsables politiques des ex-rebelles.
(13 octobre) Le porte-parole des FN Sidiki Konaté affirme que le démarrage du processus de désarmement n'aura pas lieu chez les ex-rebelles, pour protester contre le blocage politique des réformes.
(28 octobre) Suspension de la participation des ministres des Forces nouvelles au Gouvernement de réconciliation nationale à la suite de la découverte à Bouaké (le 26 octobre) d'un camion transportant une grande quantité d'armes et de munitions. A l'intérieur de leur zone, les ex-rebelles ont instaurent un "couvre-feu" (de 21 heures à 6h) et décrètent l''alerte maximale'.
(2 novembre) La Banque mondiale place la Côte d'Ivoire dans la catégorie des pays dont la " dette est improductive " (elle n'a plus effectué de remboursement de crédits ou de prêts depuis plus de six mois). Les arriérés d'Abidjan envers la Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD) s'élèvent à 64,2 millions de dollars pour un encours total de crédits d'environ 443 millions hors intérêt. Les arriérés dus au titre de l'AID atteignent 16,7 millions de dollars sur un encours total de 1,8 milliards.
(3 novembre) Laurent Gbagbo préside à Abidjan un conseil des ministres extraordinaire, caractérisé par l'absence de son Premier ministre, Seydou Diarra et des ministres issus de l'opposition. Le conseil adopte deux projets de loi sur une "disposition spéciale en matière de naturalisation" et le "code de nationalité".
(4 novembre) L'aviation des forces loyalistes bombarde Bouaké et Korhogo (85 morts et une centaine de blessés, selon les FN). Guillaume Soro, SG du MPCI, déclare que ces bombardements rendent "caducs les accords de paix". Le général Mathias Doué, chef d'état-major des forces armées ivoiriennes, affirme que la "Côte d'Ivoire sera demain une et indivisible". De nombreuses manifestations violentes de "Jeunes patriotes" se déroulent à Abidjan. L'électricité et l'eau sont coupées dans la zone des ex-rebelles. A Abidjan, trois journaux proches de l'opposition sont attaqués (le Patriote, 24 Heures et le Nouveau Réveil), les locaux des deux premiers sont incendiés. Un sabotage interrompt la diffusion des émissions de Radio France Internationale (RFI), de la BBC et d'Africa N°1 sur la bande FM à Abidjan. Le siège du PDCI est saccagé. Dans la nuit, le siège du RDR est pillé puis incendié
(5 novembre) Le ministre de la Sécurité annonce que les manifestations à Abidjan sont interdites pendant trois jours dans le "souci de préserver les vies humaines et les biens". L'Onu suspend ses activités humanitaires.
(6 novembre) Raid de l'aviation gouvernementale sur une position des soldats français de la force Licorne à Bouaké : 9 morts et 34 blessés. En représailles les soldats français "neutralisent" l'aviation ivoirienne.
(6-7 novembre) Violences anti-françaises à Abidjan, scènes de violence et de pillage… l'armée française intervient pour "sécuriser" sa communauté : une trentaine d'ivoiriens tués et une centaine de blessés selon Mamadou Koulibaly (Président de l'assemblée nationale) qui déclare que la Côte d'Ivoire sera un VietNam pour la France.
(7 novembre) La France renforce son contingent. Depuis Nice, Alassane Ouattara demande la démission de Gbagbo. Laurent Gbagbo exhorte les ivoiriens au calme, tandis que les médias nationaux sous contrôle attisent la violence. L'Union africaine (UA) mandate le président sud-africain Thabo Mbeki pour tenter une médiation dans le conflit ivoirien.
(8 novembre) Forte hausse des cours du cacao. Nouvel appel au calme des responsables civils et militaires ivoiriens. La France déclare ne pas vouloir renverser Gbagbo. Des patrouilles mixtes de casques bleus, de soldats français et de militaires ivoiriens sillonnent Abidjan.
(9 novembre) Les Etats-Unis apportent leur soutien à la France. Premières évacuations de civils français. Arrivée à Abidjan du président sud-africain Thabo Mbeki qui rencontre Laurent Gbagbo et invite à Pretoria les représentants de l'opposition ivoirienne.
(10 novembre) Début de l'évacuation massive d'européens vers Paris et d'une centaine de canadiens vers le Ghana.
(11 novembre) Alassane Ouattara, leader du RDR, déclare à son arrivée à Pretoria qu'il n'est pas question " de négocier un nouvel accord " de paix. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, condamne les "médias de la haine" qui ont attisé la violence en Côte d'Ivoire et appelle les parties au calme. L'électricité et l'eau sont rétablies à Korhogo après neuf jours d'interruption.
(13 novembre) Le colonel-major Philipe Mangou est nommé chef d'état-major de l'armée ivoirienne par le président ivoirien Laurent Gbagbo en remplacement du général Mathias Doué, appelé à "d'autres fonctions".
(14 novembre) Le sommet extraordinaire de l'Union Africaine (auquel ne participait pas Laurent Gbagbo) soutient le projet français de résolution devant être examiné le lendemain par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Nouvelle rencontre en Afrique du Sud entre M. Thabo Mbeki et des dirigeants de l'opposition ivoirienne. Une nouvelle coupure d'électricité, effectuée depuis Abidjan, touche tout le nord de la Côte d'Ivoire.
(15 novembre) Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1572 comportant des sanctions à l'encontre de la Côte d'Ivoire avec notamment un embargo immédiat sur les armes pour 13 mois. De plus, la résolution prévoit la possibilité, à partir du 15 décembre et pour une durée de 12 mois, de l'interdiction de voyager et d'un gel des avoirs pour certaines personnes qui seront désignées comme constituant une menace pour la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire (blocage de l'application des accords d'Accra, violation des droits de l'homme ou incitation à la haine et à la violence). Ces mesures seront levées si des progrès substantiels dans la mise en oeuvre des accords d'Accra sont constatés (la réforme l'article 35 de la Constitution sur l'éligibilité à la présidence de la république et le désarmement des forces nouvelles). Les " jeunes patriotes " demandent le départ des troupes françaises.
(17 novembre) 8300 français et environ 600 étrangers ont quitté la Côte d'Ivoire. 10 000 ivoiriens seraient réfugiés au Liberia selon le HCR.
(18 novembre) Laurent Gbagbo décide le remplacement de tout ministre décidant de ne pas participer au conseil des ministres par un intérimaire jusqu'à son retour officiel. Le porte-parole du gouvernement ivoirien déclare que 63 personnes ont été tuées et plus de 1 300 blessées dans les manifestations antifrançaises qui se sont déroulées entre le 6 et le 9 novembre.
(21 novembre) Nouvelle rencontre à Pretoria entre le président sud-africain Thabo Mbeki et le secrétaire général des Forces nouvelles Guillaume Soro.
(24 novembre) Le colonel-major Philippe Mangou, nouveau chef d'état-major des forces armées ivoiriennes, a procédé à de nouvelles nominations à la tête du 1er Bataillon d'infanterie, du 1er Bataillon blindé, du Bataillon d'artillerie sol-air, et du Bataillon de commandement et de soutien, unités situées à Abidjan. Reprise de la diffusion des émissions de RFI et BBC-Afrique sur la bande FM à Abidjan. Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire en poste depuis le mois de février 2003, Albert Tévoédjrè démissionne de ses fonctions.
(25 novembre) Nouveau bilan officiel des évènements du début novembre : 57 morts et 2 226 blessés. Un rapport de l'IRIN révèle que "le secteur du cacao est de plus en plus contrôlé par des personnes qui prétendent se battre pour améliorer les conditions de vie des planteurs. En réalité, ces personnes ne sont intéressées que par le pouvoir et l'argent que leur organisation de type mafieuse et elles-mêmes tirent du cacao". La Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont prôné la libéralisation du secteur et la suppression de la Caistab, remplacée par "la Bourse du café et du cacao et d'autres organismes de gestion qui étaient censés mieux représenter les planteurs". "Le nouveau système s'est avéré encore moins efficace. En 2003, le cabinet de consultant Arthur Andersen a indiqué que les nouveaux organismes de régulation coûtaient trois fois plus chers que la Caisse de stabilisation".
(27 novembre) Le 10ème Sommet de la Francophonie rassemblant à Ouagadougou une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement dénonce dans une résolution spéciale les récentes attaques de l'armée ivoirienne et exige la "stricte application" des accords de paix de Marcoussis-Accra.
(28 novembre) La Côte d'Ivoire va déposer plainte contre la France auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) pour violation des accords de défense liant les deux pays et pour la destruction de l'aviation ivoirienne. Information démentie par M. Désiré Tagro, porte-parole du président Gbagbo. Le colonel Georges Guiai Bi Poin, qui commandait le détachement de gendarmes ivoiriens devant l'hôtel Ivoire, accuse les soldats français d'avoir tiré "directement sur la foule et sans aucune sommation" le 9 novembre dernier.
(30 novembre) Les autorités françaises estiment à "une vingtaine" le nombre d'Ivoiriens tués par l'armée française du 6 au 9 novembre. Environ 80 soldats français blessés ont dû être rapatriés. Le ministère français de la défense accuse les "corps habillés" ivoiriens (armée, police, gendarmerie) d'avoir multiplié les provocations et les affrontements avec les forces françaises
(2 décembre) Selon le MEDEF, au cours des évènements du début novembre, "144 filiales de sociétés françaises ont été spoliées, pillées ou détruites" et "73% des cadres travaillant pour les entreprises françaises en Côte d'Ivoire " ont quitté le pays ces dernières semaines.
(4 décembre ) A la suite des troubles du début novembre, le président de la Chambre de Commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, Jean Louis Billon, dresse le bilan : 78 entreprises sont en cessation totale d'activité (détruites), 11 entreprises ont vu leur activité partiellement perturbée et 106 ont provisoirement fermé leurs portes. Concernant les PME, le président du Mouvement des petites et moyennes entreprises (MPME), Daniel Bréchat, affirme que 120 établissements sur les 500 affiliés à sa structure n'ont pas survécu aux pillages. Les pertes d'emplois seraient de l'ordre de 20 000 à 30 000.
(2-6 décembre) Deuxième mission de médiation et de paix du président sud-africain Thabo Mbeki en Côte d'Ivoire qui se traduit par un accord de l'ensemble des parties sur un plan de sortie de crise comportant quatre propositions susceptibles d'accélérer la mise en œuvre des accords d'Accra-Marcoussis. Ces points portent sur l'adoption rapide par l'Assemblée nationale des réformes politiques prévues par Marcoussis, le début du processus de désarmement, le retour au gouvernement de "réconciliation nationale" des ministres de l'ex-rébellion et la nécessité d'un "retour à la sécurité" sur l'ensemble du pays.
(8 décembre) Vote à l'Assemblée nationale de la loi sur la Commission Electorale Indépendante (CEI). Les députés du PDCI ont voté contre. Le RDR qui n'a aucun député conteste vivement ce vote.
(9 décembre) La France décide d'étendre aux français " rapatriés " de Côte d'Ivoire, le bénéfice de la loi du 26 décembre 1961 relative à l'accueil et à la réinstallation des français d'outre-mer, qui avait été adoptée pour les Français d'Algérie. La France allège son dispositif militaire, qui avait été renforcé au cours de la récente crise, ramenant l'effectif des militaires français présents en Côte d'Ivoire à environ 5 000. Selon M. Guédié Zadi, Directeur général de la société des Palaces de Cocody qui assure la gestion de L'Ivoire Golf club, de l'Hôtel du Golf et de l'Hôtel Ivoire, les dégâts occasionnés par les évènements du début novembre s'élèvent à 1,104 milliards de francs CFA. A l'intérieur du pays, les dégâts subis par l'Hôtel Président de Yamoussoukro et par l'Hôtel de la paix de Daoukro, se chiffreraient à 10 milliards. La radio de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire émet désormais aussi à partir de Bouaké.
(10 décembre) Laurent Gbagbo interdit par décret toute manifestation sur la voie publique pendant trois mois, jusqu'au 10 mars 2005. Adoption en commission à l'Assemblée nationale de l'amendement de l'article 35 de la constitution portant sur les conditions d'éligibilité à la présidence de la République (17 voix pour, 16 abstentions).
(12 décembre) Selon le ministre du Tourisme Amon Tanoh Lambert, à la suite des troubles du début novembre, le montant des travaux de réhabilitation des 5 grands hôtels de Côte d'Ivoire (hôtel Ivoire, Golf hôtel, Ivoire Golf club, hôtel de la paix de Daoukro et hôtel président de Yamoussoukro) pourrait s'élever 50 milliards de francs CFA. L'Association pour le Développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO) quitte son siège régional de Bouaké pour le Bénin.
(14 décembre) Adoption en commission à l'Assemblée nationale de la loi sur le code de la nationalité. Les points les plus discutés concernaient les modes d'acquisition de la nationalité ivoirienne et les conditions de sa perte.
(15 décembre) Le Conseil de sécurité de l'ONU, décide le report des sanctions ciblées contre les personnalités ivoiriennes bloquant l'application des accords de Marcoussis-Accra après le 10 janvier 2005, date de la réunion extraordinaire du Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine sur la crise ivoirienne. Koffi Annan demande le renforcement du contingent (un millier d'hommes) et des moyens des Nations-Unies en Côte d'Ivoire. Les députés ivoiriens adoptent en commission le projet de loi sur la naturalisation.
(17 décembre) Vote à l'Assemblée nationale en plénière, des textes de loi sur la nationalité et les naturalisations et de la modification des articles 35 et 55 de la Constitution. Selon l'article 35 nouveau, ''le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat doit jouir de ses droits civils et politiques et être âgé de trente cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d'origine''.
(18 décembre) Laurent Gbagbo rappelle que toute modification constitutionnelle doit être approuvée par référendum.
(20 décembre) Le porte-parole des Forces nouvelles, Sidiki Konaté, demande la promulgation immédiate de l'article 35 nouveau de la Constitution et réfute toute idée de référendum à ce propos.
(22 décembre) Début des patrouilles mixtes composées d'éléments des forces nationales (Fanci) et onusiennes pour la sécurisation d'Abidjan. Les forces françaises ne prennent pas part à ces opérations.Dans le cadre de la révision annuelle de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA), les Etats-Unis retirent la Côte d'Ivoire de la liste des pays africains éligibles à l'aide économique et commerciale (la Côte d'Ivoire bénéficiait de l'AGOA depuis le 16 mai 2002). En 2003, les exportations ivoiriennes vers les Etats-Unis bénéficiant du régime de l'AGOA s'élevaient à 88 millions de dollars soit environ 18% du montant total des exportations vers ce pays. Le ministre de l'Economie et des Finances, Bohoun Bouabré affirme que les arriérés de paiements extérieurs de la Côte d'Ivoire dépassent 400 milliards de Fcfa.
(23 décembre) Réunis en séance plénière, les députés rejettent le projet de loi sur l'organisation de référendums en Côte d'Ivoire : 198 votants : 108 pour, 89 abstentions et 1 bulletin nul (une majorité des 2/3 était requise).
(24 décembre) 18 personnes ont trouvé la mort à la suite de violents affrontements entre des villageois Bété près de Gagnoa, et des allogènes originaires d'autres régions de Côte d'Ivoire et d'autres pays d'Afrique de l'Ouest.
(31 décembre) Dans son message de vœux à la nation, le président Gbagbo dresse un bilan sombre de la situation économique et sociale en Côte d'Ivoire, conséquence directe "de la guerre qui nous est imposée depuis deux ans". Concernant la mise en œuvre des accords d'Accra-Marcoussis, le président déclare : "aujourd'hui, j'ai terminé ma part". A propos de la modification de l'article 35 de la Constitution, Laurent Gbagbo réaffirme la nécessité d'un référendum. Enfin, pour lui, "le processus de paix dépend d'une chose et d'une seule chose : le désarmement des rebelles". Les Nations Unies estiment que 44 % des 16 millions d'Ivoiriens vivent désormais en-dessous du seuil de pauvreté, contre 38 % en 2002.

2005

(4 janvier) Alassane Ouattara se prononce contre une candidature unique du G7 (qui regroupe quatre partis politiques (PDCI, RDR, UDPCI, MFA) et les trois ex-mouvements rebelles (MPCI, MPIGO, MJP) aux futures présidentielles. La Bourse du café cacao (BCC) fixe le prix "indicatif d'achat bord champ" du cacao à 390 francs CFA le kilo pour la période de janvier à mars 2005. Le premier Conseil des ministres de l'année s'est ouvert à Abidjan, en l'absence des huit ministres issus des rangs des Forces nouvelles. En 2004, 17 cas de polio ont été enregistrés contre un seul en 2003 et la situation pourrait être bien plus alarmante compte tenu de l'absence de données dans les zones contrôlées par les Forces nouvelles, déclare le ministre ivoirien de la Santé Albert Toikeusse.
(5-6 janvier) Laurent Gbagbo déclare au quotidien Fraternité-Matin : "si à la fin du mois d'octobre, les élections ne sont pas organisées, je reste Président de la République". Le nouveau conseil d'administration de la Radio télévision ivoirienne (RTI) désigne son président, Oulaï Siéné, ancien ministre de la Justice et cadre du FPI. Ce "coup de force de Gbagbo" qui traduit la mainmise du pouvoir sur les médias, est dénoncé par Guillaume Soro SG des Forces nouvelles. Pour les députés du G7, il s'agit d'une "violation fragrante et grave de la liberté d'expression et du pluralisme d'opinion…". Les sociétés sinistrées à la suite des évènements du 6-8 novembre 2004, réclament 150 milliards de FCFA d'indemnités à l'Etat ivoirien. Pour les entreprises ayant subi des préjudices et des dommages au cours de la période 1999-2003, les indemnités sollicitées sont estimées à 100 milliards de FCFA.
(7 janvier) Dans sa lettre de vœux aux ivoiriens, le sergent-chef Ibrahim Coulibaly (I.B), un des principaux instigateurs de la rébellion, dresse un sombre bilan de la situation de crise en Côte d'Ivoire et n'épargne aucun protagoniste. Pour lui, "au Nord comme au Sud, les crimes économiques sont les mêmes, les massacres de populations civiles s'équivalent, les charniers humains se valent". La "classe politique, toutes chapelles confondues,… est collectivement responsable et solidairement comptable des multiples fractures qu'elle a infligées au pays" depuis 1994. Concernant le discours "indépendantiste" de Gbagbo, I.B déclare : "les mêmes qui agitent l'étendard panafricaniste de lutte de libération économique contre la France, tout en se gardant bien de dire aux Ivoiriens que dans le même temps, ils installent exclusivement des intérêts anglo-américains et néerlandais aux commandes des secteurs du café et du cacao". Enfin, le plan Mbeki, légèrement amendé, "est notre espoir de sortie de crise".
(10 janvier) Réuni à Libreville, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) admet, concernant la modification de l'article 35 de la constitution, "que le recours au référendum est une des options -qui n'est pas exclusive- auxquelles le Président de la République de Côte d'Ivoire pourrait avoir recours seulement si cette consultation est organisée dans le respect de l'esprit de Linas Marcoussis et d'Accra III... Le Conseil appelle à une solution rapide de cette question, et ce de manière à encourager la mise en œuvre du programme DDR et à permettre la tenue des élections dans les délais prévus, en octobre 2005". Le FPI au pouvoir interprète la déclaration du CPS comme un aval de l'UA pour le référendum, tandis que l'opposition préfère retenir que "le référendum n'est pas une voie exclusive. Et si il doit y avoir un référendum, il doit être organisé dans l'esprit de Marcoussis". Le CPS recommande un nouveau report des sanctions prévues par la résolution 1572 de l'ONU, visant les personnalités faisant obstacle au processus de paix ou responsables de violations des droits de l'homme pour donner plus de temps à la médiation conduite par Thabo Mbeki. Le corps criblé de balles du chef Ousmane Coulibaly, dit Ben Laden, est retrouvé à Bouaké. Ce nouvel assassinat semble traduire la persistance de dissensions au sein de l'ex-rébellion.
(12 janvier) Lors de sa troisième visite en Côte d'Ivoire, Thabo Mbeki participe à Yamoussoukro à un Conseil des ministres du gouvernement, à nouveau boycotté par les rebelles des Forces Nouvelles (FN) qui déclarent préférer rencontrer, pour des raisons de sécurité, le médiateur en Afrique du Sud.
(17 janvier) Au cours d'une conférence de presse tenue au 43ème BIMA dans la banlieue d'Abidjan, le général Henri Poncet, commandant de la force Licorne, déclare que "la France dépense la somme de 10 milliards de Fcfa par mois, soit environ 170 millions d'Euros, pour l'entretien de la force Licorne".
(21 janvier) Décès à Bouaké de Drabo Modibo alias chef Mobio, l'une des figures emblématiques des Forces nouvelles.
(22 janvier) L'ONU autorise la Côte d'Ivoire à transférer de Yamoussoukro à Abidjan ses aéronefs "neutralisés" par la force Licorne le 6 novembre 2004.
(23-25 janvier) Rencontre à Pretoria entre le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de l'Union africaine dans la crise ivoirienne et l'opposition ivoirienne, représentée par Alassane Dramane Ouattara (RDR), Lambert Kouassi Konan (PDCI) et Guillaume Soro (Forces nouvelles), en vue de relancer le processus de paix.
(25 janvier) Lors d'une réunion avec les responsables des sociétés cotonnières exerçant dans la zone des Forces nouvelles, Chérif Ousmane, commandant de la zone sud, déclare : "jusqu'à nouvel ordre, les produits de la CIDT [Compagnie Ivoirienne de Distribution du Textile] ne sortiront plus de nos zones pour aller vers le sud". En effet, "La CIDT est une société d'Etat. C'est en partie avec l'argent que rapporte cette société que (Gbagbo achète des armes pour nous bombarder. Nous mettons fin à cela". Les autres sociétés cotonnières privées peuvent poursuivre leur activité mais elles doivent désormais payer des redevances aux Forces nouvelles et "payer leurs dettes envers les paysans". Selon le quotidien Le Front, "d'octobre 2004 au 9 janvier dernier, la récolte du cacao qui a atteint les deux ports de San-Pédro et d'Abidjan, se chiffrait à environ 600 855 tonnes" en baisse de plus de 100 000 t par rapport à la même période de la campagne précédente. Les raisons de ces mauvaises performances seraient liées à la mauvaise pluviométrie, aux "remous qui secouent la filière", aux conséquences des troubles du début novembre 2004... Ces moindres performances rejaillissent sur les recettes de l'Etat largement alimentées par le Droit unique de sortie (Dus) fixé à 220 Fcfa le kg.
(30-31 janvier) Quatrième sommet de l'Union Africaine (UA) à Abuja. Kofi Annan reconnaît l'existence d'une liste de 95 personnes censées être des obstacles au retour de la paix ou incitant à la haine et à la violence. Il déclare que cette liste ne sera pas publiée pour le moment, mais "sera remise à un procureur".
(31 janvier) Albert Tévoédjrè, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, quitte Abidjan au terme d'une mission de deux ans dans ce pays.
(1er février) Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1584 visant le renforcement de l'effectivité et du contrôle de l'embargo sur les armes. Ladite résolution prévoit la mise en place d`un comité d`experts de trois membres qui sera chargé de surveiller l'application de l`embargo sur le terrain.
(2 février) En visite officielle au Sénégal, Jacques Chirac se déclare prêt à maintenir la force Licorne en Côte d'Ivoire "à condition que [le gouvernement ivoirien et] les responsables africains nous le demandent".
(3 février) Selon le directeur général des Impôts (DGI), M. Feh Kessé Lambert, en 2004 l'exécution du budget de l'Etat n'a pas été conforme aux prévisions. "Les folles journées de novembre ont entraîné un manque à gagner de ressources financières de près de 184,2 milliards" de Fcfa.
(7 février) En vue des élections générales prévues en octobre 2005, le chef du gouvernement Seydou Diarra, annonce la reprise du processus d'identification des personnes interrompu depuis septembre 2002, .
(8 février) Selon M. Olivier Tano, directeur de la conjoncture et de la prévision, la croissance en 2004, est estimée à 1% contre - 1,6% en 2002 et - 1,7% en 2003. Au niveau des échanges extérieurs, le solde du compte courant est excédentaire de 157,3 milliards de Fcfa (2,1% du PIB), permettant d'obtenir un solde global de 120 milliards de Fcfa. Exprimée en moyenne annuelle, l'inflation devrait s'établir à 1,4%. Concernant les finances publiques, les recettes globales sont estimées à 1451,6 milliards de Fcfa. Le solde budgétaire ressort négatif à 126 milliards (1,5% du PIB). On constate une importante accumulation d'arriérés intérieurs et extérieurs respectivement de 85 et de 446,6 milliards. Hors arriérés, l'encours total de la dette ivoirienne en 2004 s'élève à 5816,4 milliards de Fcfa (155,4% de la valeur des exportations) dont 5118,1 milliards au titre de la dette extérieure et 698,3 milliards pour la dette intérieure. La croissance du PIB réel pourrait être de 1% en 2005.
(10 février) Suite à une requête conjointe de quatre partis politiques (PDCI, RDR, UDPCI et MFA), le Président du Tribunal de Première Instance d'Abidjan, Madame Matto Loma Cissé, par l'ordonnance n° 56Q/2005, prononce la suspension immédiate de toute activité de la Commission électorale indépendante (CEI). Le conseil des ministres adopte le projet de budget 2005 qui s'établit à 1735 milliards de Fcfa en baisse de 12,7 % par rapport au budget de 2004. Alan Doss, le représentant spécial adjoint de Kofi Annan en Côte d'Ivoire, déclare que "les milices et toutes les autres branches armées non institutionnelles doivent être démantelées avant même le début du DDR".
(15 février) La Côte d'Ivoire accepte que la Cour pénale internationale (CPI) exerce sa compétence concernant les crimes commis sur son territoire depuis les événements du 19 septembre 2002.
(16 février) Par le biais de Sangaré Aboudrahamane, vice-Président du FPI et ancien ministre des Affaires étrangères, Laurent Gbagbo demande au roi Mohammed VI du Maroc de bien "vouloir mener des efforts de médiation appropriés pour la résolution de la crise en Côte d'Ivoire". Le ministre français de la Défense Michèle Alliot-Marie déclare que les troupes françaises resteront en Côte d'Ivoire jusqu'au mois d'avril, date de la fin du mandat des Nations unies, et ne s'y maintiendront au-delà que si leur présence est souhaitée par l'ONU, l'Afrique et Abidjan. Dans la partie nord du pays, "la plupart des écoles, hôpitaux, tribunaux, perceptions et autres services publics sont fermés depuis le début du conflit en septembre 2002". Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef), le conflit a mis fin à la scolarisation de quelque 700 000 enfants. Malgré tout, au cours de l'année 2004, 63 985 élèves des villes du nord de la Côte d'Ivoire étaient inscrits pour passer les examens marquant la fin de l'année scolaire 2003/2004 qui devaient se dérouler le 10 novembre. Mais début novembre, "suite à la reprise des hostilités entre les forces loyalistes du sud et les rebelles du nord, le gouvernement du président Laurent Gbagbo à décidé d'annuler les examens".
(17 février) Dans un communiqué, la Présidence ivoirienne dément formellement avoir sollicité une médiation du roi Mohammed VI dans le cadre de la crise en Côte d'Ivoire. Le Maroc rappelle son ambassadeur à Abidjan. Une crise diplomatique s'ouvre entre les deux pays.
(18 février) La France restitue à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO) à Abidjan, les cent millions de francs CFA volés en septembre 2004 par douze de ses militaires dans une succursale de cette banque à Man.
(19 février) M. Alan Doss, le Représentant spécial par intérim du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire, participe à Man au lancement du processus de prévention, démobilisation et réinsertion des enfants associés aux forces et groupes armés (PDR) dans la zone Ouest.
(20 février) Une patrouille de la force Licorne intercepte un véhicule armé des Forces Nouvelles en zone de confiance, au Sud de Zoukouboué.
(21 février) Le vice-ministre des Affaires étrangères Sud-africain, Aziz Pahad déclare que son pays entend travailler "plus étroitement" avec la France sur le dossier ivoirien afin de s'assurer de la tenue des élections générales prévues en octobre 2005. Me Thimothy Simpson, appartenant au cabinet Fuller Thomas Solicitor, avocat des jeunes patriotes, déclare au cours d'une conférence de presse que "l'armée et l'Etat français seront poursuivis pour crime de guerre" en raison des affrontements de novembre 2004 devant l'hôtel ivoire. Ouverture de la première banque en zone rebelle à Bouaké, la Caisse d'épargne populaire et de crédit de Côte d'Ivoire (Cepc-ci) ayant pour "objectif d'aider les populations en préservant leur fonds et aussi lutter contre la pauvreté".
(28 février) Un commando de miliciens se réclamant du mouvement ivoirien pour la libération de l'Ouest de la Côte d'Ivoire (MILOCI). lance un assaut contre une position des Forces nouvelles à Logoualé (région de Man). Cette attaque suscite l'intervention des forces de l'Onuci et de la Licorne qui procèdent à l'arrestation de 84 miliciens et à la saisie d'armes. Les Forces nouvelles déclarent "l'alerte maximale", dénoncent une "énième violation du cessez-le-feu" et annoncent que "ces actes de guerre" sonnent le glas de la médiation Mbéki. Nomination du Suédois Pierre Schori comme successeur d'Albert Tévoédjré à la tête de l'Organisation des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).
(7 mars) Les forces onusiennes de maintien de la paix en Côte d'Ivoire remettent aux autorités ivoiriennes les 85 combattants de la milice pro-Gbagbo arrêtés lors de l'attaque qu'ils ont lancée la semaine dernière sur Logoualé. La Cour suprême confirme la condamnation, prononcée lors du premier jugement, à 17 ans de prison du sergent de police Théodore Dago Séri qui avait tué par balle le journaliste français Jean Hélène. Dans la zone nord de la Côte d'Ivoire, "les taxes douanières ont disparu depuis l'arrivée des Forces Nouvelles".
(8 mars) Entretiens à Abuja entre Laurent Gbagbo et le président nigérian Olusegun Obasanjo, actuel président de l'Union africaine (UA), au sujet de la crise ivoirienne.
(10 mars) Par décret, Laurent Gbagbo reconduit l'interdiction (initialement prise le 10 décembre 2004) des marches, des sit-in et des manifestations sur la voie publique sur toute l'étendue du District d'Abidjan sur la période du 11 mars 2005 au 11 juin 2005.
(14 mars) Rencontre à Abidjan entre Laurent Gbagbo et une délégation de la médiation sud-africaine.
(15 mars) Le ministre de la Défense sud-africain, M. Mosiuoa Lekota, à la tête d'une délégation de huit personnes, composée essentiellement d'experts militaires et de juristes rencontre à Bouaké les Forces nouvelles dans le cadre du règlement de la crise ivoirienne.
(16 mars) L'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) demande l'ouverture d'une enquête sur la mort de 13 villageois (le 22 février 2005) que des gardes forestiers auraient torturés après les avoir arrêtés pour occupation illégale du parc national Marohoue, dans la région sud sous contrôle des forces gouvernementales.
(17 mars) Dans un courrier adressé au président de l'Assemblée nationale, Alan Doss, le président par intérim du comité de suivi des accords de Marcoussis, estime que "certaines lois récemment adoptées par le parlement posent problème en raison de leur non conformité à l'objectif des accords de Marcoussis".
(18 mars) Dans un rapport transmis ce jour aux membres du Conseil de sécurité, Kofi Annan souligne l'effondrement de l'économie ivoirienne qui s'est accentué après la crise de novembre 2004. "Il ressort de certaines données que le déficit ivoirien continue de se creuser et que la production économique reste sur le déclin. Ce recul est imputable à plusieurs facteurs intimement liés à la crise ivoirienne, tels que le démarrage tardif de la campagne d'exportation du cacao, l'impact préjudiciable des récentes poussées de violence et la diminution de l'aide extérieure ". La crise de novembre a "eu des incidences marquées sur la situation économique du pays. Le Président de la Chambre nationale de commerce a indiqué que la violence avait entraîné la perte de 60 millions d'euros et que, sur les 500 entreprises étrangères, 125 avaient fermé leurs portes, mettant au chômage 30 000 personnes"… "La situation se complique en raison des problèmes liés au service de la dette du pays. Depuis juin 2004, la Côte d'Ivoire a accumulé d'importants arriérés vis-à-vis de la Banque mondiale et, le 1er novembre 2004, ses emprunts ont été classés dans la catégorie des prêts improductifs. Le service de la dette s'élève actuellement à 115 millions de dollars par an. La combinaison de ces facteurs contribuera non seulement à maintenir la croissance économique négative projetée, mais aussi à accroître le risque de voir toute la région souffrir de conséquences préjudiciables si le franc de la Communauté financière africaine venait à perdre de sa valeur".
(19 mars) Des manifestations pour et contre la présence de la force Licorne en Côte d'Ivoire se déroulent dans l'ouest (zone gouvernementale) et le nord (zone rebelle) du pays.
(20 mars) En visite en Côte d'Ivoire, Louis Michel, commissaire européen à la Coopération au développement et à l'aide humanitaire, affirme, à l'issue de ses entretiens avec les autorités, "le soutien total et sans réserve de l'Union européenne à la médiation Mbeki", mais également au référendum prévu sur l'article 35 de la Constitution, qui a déjà obtenu le soutien du Parlement européen.
(21 mars) Le siège de l'Organisation internationale du café et cacao (ICCO), est maintenu en Côte d'Ivoire, malgré le redéploiement à Londres d'une partie importante de son personnel pour une durée de trois ans.
(22 mars) Début des inscriptions à l'université de Bouaké. La reprise des cours devrait avoir lieu le 19 avril prochain.
(23 mars) Une épidémie de méningite entraîne 40 décès dans la région de Bouna.
(24 mars) L'International crisis group (ICG) publie un rapport intitulé : "Côte d'Ivoire : le pire est peut être à venir". Les "sept mois à venir (avant les élections) sont ceux de tous les dangers", car la pression "de l'échéance électorale… risque de trouver son épilogue dans une déflagration générale" dont la classe politique portera la responsabilité. La résolution de la crise réside notamment dans une plus grande implication de la communauté internationale qui doit prendre en charge le processus électoral "comme l'a souhaité le Premier Ministre Seydou Diarra lors de sa rencontre avec le président Mbeki le 3 mars dernier". En 2004, 20479 cas de tuberculose ont été dépistés, soit une progression de 13% par rapport à l'année précédente.
(28 mars) Rendant compte devant le Conseil de sécurité d'un climat " volatile ", M. Alan Doss, Vice-Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire "a engagé les parties à se montrer à la hauteur de leurs engagements et à se réunir à la même table de négociations. Il a aussi sollicité le renforcement de la Mission et rappelé que l'appel humanitaire de 39 millions de dollars n'avait été financé qu'à hauteur de 5%".
(29 mars) Des policiers de la promotion 2002-2003, dont le nombre s'élève à 1094, manifestent en bloquant la circulation à Abidjan, pour exiger le paiement de leurs primes appelées "Haut les cœurs".
(30 mars) A la suite d'une dispute apparemment anodine entre deux enfants, dont l'un appartient à l'ethnie Baoulé et l'autre à l'ethnie Dioula, dans le village Baoulé de Boli, s'est transformée en un véritable conflit ethnique entre les deux communautés faisant six blessés, et des centaines de déplacés.
(31 mars) Selon un rapport de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) publié ce jour, "de graves violations des droits de l'homme ont été constatées sur l'ensemble du territoire national", "malgré de légères améliorations durant les mois de janvier et de février". "Ces violations ont été notamment l'œuvre des éléments de Forces de défense et de sécurité (FDS) et des milices armées ou non armées dans la partie sous contrôle du Gouvernement", mais également "des éléments des Forces Nouvelles dans la zone sous leur contrôle" ainsi que "des groupes armés et coupeurs des routes dans la zone de Confiance placée sous la supervision des forces impartiales". Le gouvernement britannique recommande à ses ressortissants présents en Côte d'Ivoire de quitter immédiatement le pays en raison de la détérioration de la situation sécuritaire. Les activités de l'ambassade britannique en Côte d'Ivoire sont suspendues.
(4 avril) Le Conseil de sécurité adopte à l'unanimité, la résolution 1594 par laquelle il proroge d'un mois, soit jusqu'au 4 mai 2005, le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ) et des forces françaises de l'Opération Licorne.
(4-6 avril) Discussions à Pretoria entre les protagonistes du conflit ivoirien sous l'égide du Président Thabo Mbeki. Dans le communiqué final, les dits protagonistes "proclament solennellement la cessation immédiate et définitive des hostilités et la fin de la guerre sur toute l'étendue du territoire" et rejettent "sans équivoque l'usage de la force comme moyen de résoudre les divergences". En outre, l'engagement est pris de démanteler "immédiatement" les milices dans tout le pays. De plus, une rencontre entre "les chefs d'état-major des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) et des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) en vue "de s'assurer de la mise en oeuvre du désarmement, démobilisation et réintégration (DDR)" est prévue à Bouaké le 14 avril prochain. Enfin, dès que la sécurité de leurs ministres sera assurée à Abidjan, les Forces nouvelles acceptent de revenir au sein du gouvernement du "Premier ministre de consensus" Seydou Diarra, Par contre, le communiqué n'apporte aucune solution à la question centrale des conditions d'éligibilité à la Présidence de la République (article 35).
(6 avril) Pour la petite traite cacaoyère qui s'étale d'avril à juin, la bourse du café et du cacao (BCC) fixe le prix indicatif du kilogramme de cacao fèves bord champ à 390 FCFA, contre 385 FCFA pour la grande campagne qui vient de s'achever.
(7 avril) Publication du rapport du comité de convergence de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). En Côte d'Ivoire selon ce rapport : "la situation économique a enregistré un redressement relatif en 2004 après cinq années de récession. Le taux de croissance du PIB, révisé à la lumière de l'évaluation des répercussions de la crise de novembre 2004, serait de 1,0 % contre -1,7 % en 2003. Cette reprise est basée notamment sur les impulsions attendues du secteur primaire… La reprise serait accompagnée d'un repli sensible de l'inflation en rapport avec l'abondance de l'offre des produits alimentaires. En effet, le taux d'inflation annuel moyen a été de 1,4 % contre 3,3 % en 2003… En dépit des difficultés de mobilisation des ressources extérieures, la situation des finances publiques s'améliorerait légèrement en 2004". Cette amélioration proviendrait de la "progression des recettes budgétaires" de 6,1 % et d'une moindre augmentation des dépenses publiques de 0,7 % (+3,0% pour les dépenses courantes et - 15,2% pour les dépenses en capital). "Le solde budgétaire de base serait de -1,4% du PIB contre -2,0 % en 2003". "En ce qui concerne la situation de la dette publique, elle reste toujours préoccupante. A fin décembre 2004, l'encours de la dette publique totale est estimé à 6 454,6 milliards, soit 76,9 % du PIB nominal contre 80,9 % en 2003. Cette évolution s'expliquerait par les efforts déployés par le Gouvernement pour le paiement partiel de certaines échéances et l'évolution à la baisse du cours du dollar. En 2004, le montant des arriérés de la dette extérieure serait de 447,0 milliards et celui des arriérés de paiement intérieurs de 91,4 milliards. Dans le cadre de l'initiative PPTE, le point de décision prévu précédemment pour 2002, n'est toujours pas atteint".
(8 avril) Affrontements à la frontière ivoiro-guinéenne entre un nombre indéterminé d'individus armés, présumés membres des Forces Nouvelles et des soldats guinéens
(11 avril) Arrivée à Abidjan du nouveau représentant spécial de l'Onu en Côte d'Ivoire, le diplomate suédois Pierre Schori qui succède au Béninois Albert Tévoédjré.
(13 avril) Thabo Mbeki, dans une lettre adressée à tous les acteurs de la crise ivoirienne, déclare "que pour ce qui concerne les élections présidentielles de 2005, le Conseil constitutionnel devrait accepter l'éligibilité des candidats qui seraient présentés par les partis politiques signataires de l'accord de Linas-Marcoussis".
(14 avril) Rencontre à Bouaké entre les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) et les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN). Les discussions qui ont essentiellement porté sur l'élaboration d'un chronogramme pour le démarrage du processus de désarmement des ex-combattants, n'ont pu aboutir à un accord. Le dialogue devrait reprendre le 16 avril à Bouaké. Selon M. Bohoun Bouabré, ministre de l'Economie et des finances, le total des dépenses de l'Etat pour faire face aux trois ans de "guerre" s'élèverait à 227 milliards de FCFA.
(15 avril) Premier conseil des ministres après le sommet de Pretoria, deux ministres issus des Forces nouvelles (Michel Gueu des Sports et Issa Diakité de l'Administration du territoire) étaient présents. Inhumation de 48 des 70 victimes des événements de mars 2004.
(16 avril) A l'issue d'une nouvelle réunion à Bouaké, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) et les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) "conviennent de donner un signal fort en procédant au retrait des armes lourdes de la ligne de front à partir du 21 avril". De plus, décision a été prise de tenir à Yamoussoukro, du 2 au 6 mai, un séminaire en vue de "l'élaboration et la validation" d'un Programme national de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) qui pourrait débuter le 14 mai.
(18 avril) Laurent Gbagbo entame une série de rencontres de consultation, qui dureront deux semaines, avec la société civile, les associations des jeunes et des femmes, les fonctionnaires, les forces armées et le Parlement, afin d'écouter leurs points de vue et leurs avis au sujet de l'accord de Pretoria.
(21 avril) Début du retrait des armes lourdes (calibres supérieurs à 20mm et mortiers) de la ligne de front. Tenue d'un Conseil des ministres (4 ministres des Forces nouvelles étaient présents) pour notamment réexaminer les lois issues de l'accord de Marcoussis et votées en décembre dernier par l'Assemblée nationale.
(22 avril) Assemblée nationale : adoption de la loi de finances 2005 par 104 voix pour et 53 abstentions (les députés du PDCI). Le budget, qualifié d'"irréaliste" par le PDCI, s'équilibre en recettes et en dépenses à hauteur de 1 734,97 milliards de FCFA.
(26 avril) Discours à la nation de Laurent Gbagbo : "j'ai décidé de mettre en œuvre l'article 48 de notre Constitution… je décide… Uniquement pour l'élection présidentielle d'octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l'Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s'il le désire, présenter sa candidature à l'élection présidentielle d'octobre 2005… A compter de ce jour, et jusqu'à la fin de la crise, je prendrai, en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre Constitution, toutes les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances".
(28 avril) A l'issue du Conseil des ministres, le premier tour des élections présidentielles est fixé au 30 octobre 2005. Le Conseil adopte deux projets de lois dans l'esprit des accords de Pretoria : (i) modifiant la Commission électorale indépendante (CEI) et (ii) réglant la question du financement public des partis politiques signataires de l'accord de Marcoussis non représentés à l'Assemblée nationale.
(29 avril - 1er mai) Des affrontements inter-ethniques entre Dioulas et Guérés font 15 morts et près de 4 000 déplacés à Duékoué, située en zone loyaliste à 480 km à l'ouest d'Abidjan.
(3 mai) Selon Human Rights Watch, "au moins sept principaux groupes de milices opèrent dans le sud et l'ouest de la Côte d'Ivoire", "la plupart de leurs recrues sont des supporters du parti du Président Gbagbo", l'effectif total de toutes les milices dans la zone gouvernementale serait "d'environ 31 000".
(4 mai) Le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte à l'unanimité la résolution 1600 qui proroge pour un mois (jusqu'au 4 juin 2005) le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et des forces françaises (la force licorne) qui la soutiennent.
(2-6 mai) Echec du séminaire de Yamoussoukro consacré au Programme national de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (PNDDR). Les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Forces armées des Forces Nouvelles (FAFN) n'ont pu aboutir à un accord sur les modalités pratiques du programme. Les discussions ont notamment achoppé sur la question de la date de démarrage du désarmement et sur son calendrier.
(11 mai) La Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE) et la Société de distribution d'eau en Côte d'Ivoire (SODECI) indiquent cette qu'à compter du 1er mai les six millions d'Ivoiriens résidant au nord de la zone de confiance devront s'acquitter de leurs factures. En effet, en raison du conflit, depuis deux ans les habitants de la zone nord contrôlée par les rebelles consommaient gratuitement l'eau et l'électricité. Jules Kouadio, le directeur des ventes de la CIE, estime le préjudice financier subi par les deux fournisseurs d'électricité et d'eau à plus de 40 milliards de francs CFA (l'agence Xinhua estime le préjudice à 89 milliards de francs CFA soit 136 millions d'euros).
(14 mai) Signature à Yamoussoukro, entre les forces loyalistes et la rébellion ivoirienne, d'un accord fixant les modalités pratiques du désarmement des belligérants. Le processus de désarmement et de démobilisation devrait débuter le 27 juin pour se terminer le 10 août. Le coût de l'opération s'élèverait à 85 milliards de francs CFA (164 millions de dollars), pris en charge à hauteur de 47% par la Banque Mondiale, 29% par le gouvernement ivoirien, 13% par les Nations unies, l'Union européenne et d'autres donateurs. Le gouvernement devra trouver d'autres donateurs pour les 11% restants. Selon Alain Richard Donwahi, président de la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR), les combattants recevront 500.000 francs CFA (963 dollars) pour se réinsérer dans la société civile, un processus qui devrait durer jusqu'en 2008.
(17 mai) Publication du rapport : Perspectives économiques en Afrique 2004/2005 - Quoi de nouveau en Afrique? Concernant la Côte d'Ivoire, le rapport indique un taux de croissance du PIB réel de - 2% pour 2004 et une prévision de - 1,1% en 2005 "du fait des conséquences de la crise, notamment la délocalisation des entreprises". "Compte tenu de la progression démographique, le PIB réel par tête baisserait de 5,2% en 2004" (le PIB par habitant, en milliers de francs CFA courants, diminue chaque année : de 469,5 en 2002 à 455,2 en 2003 et 453,4 en 2004). Parallèlement la pauvreté s'accroît : en 2004, "38,5% des ménages vivaient en dessous du seuil de pauvreté, fixé à un dollar par jour, contre 36% en 1998". "Malgré les troubles, la Côte d'Ivoire est restée, en 2004, le premier producteur mondial de cacao, devant le Ghana et l'Indonésie". La récolte s'est élevée à "1,45 million de tonnes, soit 45% du marché mondial". " L'extraction minière a été très dynamique en raison de l'exploitation de nouveaux gisements pétroliers. Elle affichait un taux de croissance de 29% en 2004. Le pays produit actuellement près de 20 000 barils par jour, mais la production pourrait prochainement atteindre 50 000 barils avec la mise en exploitation de nouveaux champs pétroliers". "Le pays a des réserves prouvées de 100 millions de barils de pétrole et de 1 100 milliards de mètres cubes de gaz naturel". Le secteur industriel a souffert de la crise : "pendant les neuf premiers mois de l'année 2004, il affichait encore un taux de croissance de 1%, contre -10.5% en 2003 et -5.8% en 2002. Mais 81 entreprises ont été détruites lors des émeutes à Abidjan en novembre 2004, ce qui devrait affecter fortement le secteur". Les activités touristiques se sont effondrées et le commerce est marqué par une forte tendance à l'informalisation surtout dans les zones "rebelles". Le taux global d'investissement est passé de "9.6% du PIB en 2003 à 8.5% en 2004" et "devrait à nouveau baisser en 2005 et en 2006, à environ 6.6% du PIB". Les finances publiques se sont dégradées depuis 2002, "le déficit budgétaire, de -1,5% du PIB en 2002, est passé à -2,9% en 2003, puis à -3,9% en 2004". Pour financer ce déficit l'Etat s'est endetté auprès du système bancaire (47 milliards au cours des neuf premiers mois de l'année 2004), il a "également émis des emprunts sur le marché financier (y compris les bons du Trésor)" et il a "continué à accumuler des arriérés intérieurs et extérieurs. Son déficit pourrait être de -4,7% en 2005 et de -5,3% en 2006". "En 2004, l'encours de la dette extérieure représentait 70,3% du PIB, et le service de la dette 17,5% des exportations totales".
(18 mai) Quatre partis de l'opposition ivoirienne (le Parti démocratique de la Côte d'Ivoire (PDCI), le Rassemblement des républicains (RDR), l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI) et le Mouvement des forces de le l'avenir (MFA)), signent à Paris un pacte visant à battre leur ennemi commun, le président Laurent Gbagbo, aux prochaines élections présidentielles. Ce pacte nommé l'alliance du "Rassemblement des Houphouëtiste pour la démocratie et la paix" permet aux différentes composantes de l'alliance de présenter leur candidat respectif à l'élection présidentielle prévue pour le 30 octobre de cette année. Si aucun candidat n'obtient la majorité des suffrages au premier tour et qu'un deuxième tour est organisé entre les candidats ayant réuni le plus de voix, les partis de l'alliance s'engagent à reporter leurs voix sur le candidat de l'opposition le mieux placé.
(22 mai) Election de Serge Koffi au poste de secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) qui succède à Kuyo Serge.
(25 mai) A Guiglo, début de l'opération de démantèlement des milices de l'ouest de la Côte d'Ivoire favorables au président Laurent Gbagbo, prévue par l'accord de paix de Pretoria du 6 avril, en présence du chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le colonel-major Philippe Mangou.
(30 mai - 2 juin) Des affrontements ethniques entre Dioula (musulmans originaires du nord de la Côte d'Ivoire ou de pays voisins) et autochtones Guéré en zone loyaliste, près de la ville de Duekoué (ouest de la Côte d'Ivoire) auraient fait 70 victimes.
(3 juin) Le Conseil de sécurité des Nations-Unies proroge le mandat de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire pour sept mois et prévoit son éventuel renforcement. Ainsi, par sa résolution 1603, adoptée à l'unanimité, le Conseil de sécurité autorise le Secrétaire général à "commencer à prendre les dispositions nécessaires, notamment pour la constitution de contingents et d'unités de police, en vue de faciliter un déploiement en temps voulu si le Conseil venait à décider d'augmenter les effectifs autorisés de l'ONUCI et d'en réaménager le mandat". Le Conseil prie également le Secrétaire général, sur la base de l'Accord de Pretoria, de "désigner, à titre exceptionnel, après consultation de l'Union africaine et du Président Thabo Mbeki, un haut représentant pour les élections en Côte d'Ivoire, indépendant de l'ONUCI, qui apportera son concours notamment aux travaux de la Commission électorale indépendante et du Conseil constitutionnel sans porter atteinte aux responsabilités du Représentant spécial du Secrétaire général". Enfin, la résolution "réaffirme" l'intention de mettre en oeuvre le gel des avoirs financiers et l'interdiction de voyager à l'encontre de toute personne ou organisation entravant les efforts de paix.
(17 juin) A l'occasion d'un discours télévisé, Laurent Gbagbo annonce des mesures d'urgence "suite aux évènements sanglants de Duékoué". Elles prévoient entre autres, la nomination d'un gouverneur et de préfets militaires dans la région du Moyen Cavally. Le gouverneur aura sous son autorité l'armée, la gendarmerie, les douanes et les eaux et forêts. Le chef d'état-major des Fanci, le Colonel-Major Philippe Mangou est promu au grade de général de Brigade.
(23 juin) Le lieutenant-colonel Yao Yao Jules porte-parole des Forces de défense et de sécurité (FDS) est remplacé à ce poste par le lieutenant-colonel Babi Gohourou Hilaire.
(24 juin) Le Conseil de sécurité adopte la résolution 1609 renforçant les effectifs (850 personnes pour la composante militaire et 725 civils) de la mission de l'Onu en Côte d'Ivoire et prolongeant son mandat, ainsi que celui des forces françaises "Licorne" jusqu'au 24 janvier 2006, c'est-à-dire pendant toute la période pré et post-électorale. L'ONUCI s'acquittera notamment des missions suivantes : observation de la cessation des hostilités et des mouvements de groupes armés; désarmement, démobilisation, réinsertion, rapatriement et réinstallation; désarmement et démantèlement des milices; protection du personnel des Nations Unies, des institutions et des civils; surveillance de l'embargo sur les armes; appui aux opérations humanitaires; appui au eedéploiement de l'administration; appui à l'organisation d'élections ouvertes à tous, libres, justes et transparentes; assistance dans le domaine des droits de l'homme; information et ordre public.
(28-29 juin) A Pretoria, à l'issue de la réunion d'évaluation de la mise en œuvre de l'accord conclu dans cette même ville le 6 avril dernier entre les divers protagonistes de la crise ivoirienne, il a été convenu que le désarmement des milices pro-gouvernementales doit débuter immédiatement et s'achever avant le 20 août. Par ailleurs, les représentants des rebelles et de l'armée se rencontreront à nouveau le 7 juillet pour finaliser le calendrier de désarmement. De plus, "l'ONUCI et la Médiation vont accorder la priorité à la mise au point d'un plan de protection et autres mesures nécessaires pour assurer la sécurité du Ministre d'État Guillaume Soro et des candidats à la Présidence, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara". Enfin, l'Assemblée nationale doit "adopter, d'ici le 15 juillet 2005, tous les amendements aux sept lois proposés par la Médiation" et "la législation relative à la Commission électorale indépendante (CEI)" qui "devrait commencer de fonctionner immédiatement après cette date et au plus tard le 31 juillet".
(30 juin) Les représentants des Nations unies chargés du contrôle de l'embargo sur les importations d'armes révèlent avoir découvert 62 véhicules militaires et des caisses de munitions au port fruitier d'Abidjan. Il s'agit du premier cas de violation de l'embargo imposé à la Côte d'Ivoire depuis le 15 décembre 2004 par la résolution 1572 du Conseil de sécurité.
(3 juillet) Décès dans des circonstances troublantes après son interpellation par des militaires, du colonel major Bakassa Traoré, directeur de l'Office national de la protection civile.
(4-5 juillet) Laurent Gbagbo participe à la 5ème session ordinaire de l'Union Africaine à Syrte (Libye).
(7 juillet) La Bourse du café et du cacao (BCC) maintient le prix indicatif d'achat "bord champ" "du kilogramme de la fève de cacao bien fermenté et bien séché à 390 FCFA (0,59 euro) pour la période allant de juillet à septembre 2005".
(9 juillet) Après trois jours de négociations à Yamoussoukro, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) et les Forces nouvelles (FN, rébellion) sont parvenues ce jour à un nouvel accord sur le calendrier du désarmement. Les principales dates de l'accord sont les suivantes : (i) avant le 15 juillet 2005 : adoption des amendements des lois relatives au processus de paix ; (ii) 20 août : fin du désarmement et du démantèlement effectifs et complets des milices pro-gouvernementales ; (iii) 19 septembre : accueil de l'ensemble des combattants de façon concomitante et simultanée sur les sites de regroupement ; (iv) 26 septembre : début du désarmement et de la démobilisation qui prendront fin le 3 octobre.
(10 juillet) Selon le Général Elrick Irastorza, nouveau Commandant de la Force Licorne en Côte d'Ivoire, "l'opération Licorne nous coûte au total 190 millions d'euros par an, soit environ 124 milliards de francs Cfa. Pour plus de détail, la Licorne coûte par jour 341 millions de francs CFA".
(15 juillet) Dans un message à la nation, Laurent Gbagbo déclare : "en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre Constitution", "je prends immédiatement des décisions qui portent sur : (i) Le financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle ; (ii) L'identification des personnes et le séjour des étrangers en Côte d'Ivoire ; (iii) La Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDHCI) ; (iv) La composition, l'organisation, les attributions et le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ; (v) Les dispositions spéciales en matière de naturalisation ; (vi) Le Code de la nationalité. Toutes ces Décisions, qui ont force de loi, prennent effet à compter de ce jour, 15 juillet 2005".
(16 juillet) Le Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA) suspend "jusqu'à nouvel ordre" les émissions de Radio France internationale (RFI) sur la bande FM pour "traitement non professionnel" de l'actualité ivoirienne.
(23-24 juillet) Attaque par des éléments inconnus d'Agboville (70 km au nord d'Abidjan) et d'Anyama (banlieue d'Abidjan). Selon le chef de l'armée ivoirienne, le bilan serait d'au moins 24 morts dont 7 militaires des forces de défense et de sécurité. Chez les assaillants, 17 morts auraient été enregistrés. Les assaillants auraient libéré plus de 200 prisonniers de la prison d'Agboville. Selon que l'on se place du côté du pouvoir en place ou de l'opposition, ces attaques sont attribuées aux ex-rebelles ou aux milices pro-gouvernementales.
(27 juillet) Les principaux partis de l'opposition regroupés au sein du G7 rejètent une série de lois récemment promulguées (le 15 juillet) par le président Laurent Gbagbo (sur la nationalité, les droits à la citoyenneté, la composition de la commission électorale indépendante (CEI)…), affirmant qu'elles ne sont pas conformes au plan de paix de Pretoria II.
(31 juillet) Maintes fois reporté, le processus de désarmement échoue une nouvelle fois devant le refus des Forces nouvelles de respecter l'échéance à laquelle elles devaient envoyer 40 500 combattants rebelles dans des sites de cantonnement, étape qui précède la phase du désarmement.
(7 août) Le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la crise en Côte d'Ivoire, estime que les lois promulguées le 15 juillet par le président Gbagbo sont "conformes" aux accords de paix interivoiriens et n'ont pas à être révisées.
(8 août) Arrivée à Abidjan du Haut représentant de l'ONU pour les élections en Côte d'Ivoire. Il s'agit de l'ancien ministre portugais des affaires étrangères Antonio Monteiro.
(17 août) Nomination du tchadien Abou Moussa au poste de Représentant spécial adjoint pour la Côte d'Ivoire en remplacement du Britannique Alan Doss, muté au Liberia.
(20 août) Dans une interview à RFI, l'ancien chef d'état-major des FANCI, le général Mathias Doué, déclare vouloir obtenir le départ du président Laurent Gbagbo "par tous les moyens" si la communauté internationale ne prend pas les devants. Entretiens à Pretoria entre le président sud-africain Thabo Mbeki et une délégation des Forces nouvelles (FN) conduite par Guillaume Soro. A l'issue des conventions éclatées de son parti, l'ancien président Henri Konan Bédié est plébiscité, avec 98,61% des suffrages exprimés, pour être le candidat officiel du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) aux élections présidentielles d'octobre 2005.
(25 août) A l'issue d'un séminaire tenu à Bouaké du 20 au 25 août, les forces nouvelles (Mpci, Mpigo, Mjp) déclarent qu'elles ne participeront pas à l'élection présidentielle prévue le 30 octobre et empêcheront le déroulement du scrutin sur la partie du territoire national qu'elles contrôlent. Les rebelles accusent Laurent Gbagbo d'avoir manipulé les conditions de l'élection pour s'assurer la victoire.
(29 août) Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) regroupant les principaux partis d'opposition (le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI et le MFA) déclare que l'organisation de l'élection présidentielle prévue le 30 octobre est "impossible" et qu'une transition excluant Laurent Gbagbo doit être organisée en vue d'assurer la tenue des dites élections. En vertu de l'article 48 de la Constitution, Laurent Gbagbo rectifie les lois sur la commission électorale indépendante, la nationalité et la naturalisation, dont des versions promulguées le 15 juillet étaient contestées par l'opposition et la rébellion.
(30 août) Le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, déclare que "la médiation a terminé son travail, le Conseil de sécurité de l'ONU doit désormais prendre le relais". Les autorités sud-africaines demandent à l'ONU et l'Union africaine (UA) de s'assurer que les accords signés sont appliqués, ce qui semble exprimer le désengagement de l'Afrique du sud dans le processus de règlement du conflit.
(31 août) A l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations-Unies, M. Kenzo Oshima, président dudit conseil, déclare que "la médiation sud-africaine a indiqué qu'elle poursuivra ses efforts, avec l'appui des Nations Unies et de l'Union africaine, pour assurer la tenue en Côte d'Ivoire d'élections libres, justes, transparentes dans les délais prévus, seule issue à la crise". Le conseil brandit à nouveau la menace de sanctions individuelles contre les Ivoiriens qui bloquent le processus de paix en Côte d'Ivoire.
(8 septembre) Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan déclare à Radio France Internationale que la tenue d'une élection présidentielle cruciale en Côte d'Ivoire ne "va pas être possible" à la date prévue du 30 octobre en raison du retard dans les préparatifs du en grande partie à la mauvaise volonté des "leaders politiques et des partis".
(11 septembre) Après un an passé en France, retour en Côte d'Ivoire du président du PDCI-RDA et ancien Chef de l'Etat ivoirien Henri Konan Bédié.
(19 septembre) Le ministre de l'Education nationale Michel Amani déclare que "les examens scolaires en zones Forces nouvelles sont suspendus jusqu'à l'obtention d'une solution pour leur sécurisation".
(20 septembre) Suite à la proposition du président nigérian Olusegun Obasanjo (président en exercice de l'Union africaine) concernant l'éventualité d'une nouvelle médiation dans le conflit ivoirien qui pourrait se dérouler dans le cadre de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), Laurent Gbagbo exprime son " rejet par avance… en raison de l'implication directe de certains pays membres de cette organisation dans le conflit ivoirien ". A l'occasion du troisième anniversaire du déclenchement de la rébellion (le 19 septembre 2002), "tous les combattants des Forces nouvelles ont été promus à un grade allant de "caporal" à "général de brigade". Cette mesure toucherait les 42 500 combattants revendiqués par les Forces nouvelles.
(22 septembre) Laurent Gbagbo signe un décret sur la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI). La nouvelle CEI est composée de 31 membres : un représentant de la présidence de la République, un de l'Assemblée nationale, un du Conseil économique et social, quatre des ministères concernés (Administration du Territoire, Economie et Finances, Défense et sécurité), deux du Conseil supérieur de la Magistrature, deux du Barreau et vingt représentants des parties signataires des accords de Marcoussis. Sur les 31 membres de la nouvelle institution électorale, seulement 22 ont voix délibérative, les 9 autres sont consultatives. Sur les 22 voix délibératives, le G 7 compterait 14 voix contre 8 pour le camp présidentiel.
(27 septembre) Dans un discours à la nation, Laurent Gbagbo se dit opposé à toute nouvelle médiation sur la Côte d'Ivoire, il déclare que les élection ne pourront se "tenir à l'évidence le 30 octobre 2005 puisque les rebelles n'auront pas désarmé à cette date", il n'y aura pas de transition et il demeura à son poste après le 30 octobre.
(30 septembre) Tenue à Abuja d'un sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) consacré à la crise en Côte d'Ivoire, en l'absence de Laurent Gbagbo. Les recommandations issues du sommet seront présentées lors d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), prévue le 6 octobre à Addis Abeba.
(6 octobre) Réuni à Addis Abeba, le Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), a statué sur la situation en Côte d'Ivoire. Le CPS prend acte de la fin du mandat du Président Laurent Gbagbo le 30 octobre 2005, ainsi que de l'impossibilité d'organiser les élections présidentielles à la date prévue. Le Conseil décide que les "arrangements conclus dans les accords de Linas-Marcoussis devront se poursuivre pour une période ne devant pas excéder 12 mois". Pendant cette période de transition, Laurent Gbagbo reste chef de l'Etat, un "nouveau Premier ministre acceptable pour toutes les parties signataires de l'Accord de Linas-Marcousis sera nommé", il dirigera et "aura pleine autorité sur son gouvernement" " composé de personnalités proposées par les parties Ivoiriennes signataires de l'accord de Marcoussis". Le "Premier ministre ne sera pas éligible aux élections qui seront organisées". Par ailleurs, " il est créé un Groupe international de travail (GIT) qui se réunira une fois par mois en Côte d'Ivoire pour évaluer, contrôler et suivre le processus de paix, y compris la feuille de route convenue à Pretoria et tous autres accords subséquents" et qui rapportera et effectuera "les recommandations appropriées au Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA et au Conseil de Sécurité des Nations Unies". Enfin, le CPS "décide que les parties Ivoiriennes seront Invitées le plus tôt possible à un Forum de dialogue national à Yamoussoukro" "ouvert à la société civile", "il sera présidé par le Président Olusegun Obasanjo du Nigeria et le Président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud".

Sources : Abidjan.net, AFP, Reuters, HRW, ICG, IRIN, GRIP, Nord-Sud export, L'Inter, l'Intelligent d'Abidjan, Fraternité-Matin, Notre Voie, Le Patriote, Le Jour, Le Front, RFI, IZF.net, Panapress, Xinhua, JAI, Centre de nouvelles de l'ONU…